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 ?ditorial de Juin 2011
Elysée/Matignon, pas de trêve estivale : gouverner plus pour casser plus
Didier Hude



Avec la crise financière qu’ils ont eux-mêmes créée, et qu’ils font payer aux peuples, les dirigeants de l’économie et de l’argent au pouvoir n’en finissent pas de vouloir façonner le monde à leur image : celle de la spéculation. Nous avons des champions d’Europe en la matière et notre tandem présidentiel/ministériel en est un. Il y a quelques mois, les états membres de la zone euro, ont conclu un pacte pour l’euro. Ce pacte inscrit en principe incontournable le déficit public « zéro » !

C’est au nom de cette « règle d’or » (dixit) que la « pause » et la modération salariale a été décidée en Europe, que les ajustements et les « harmonisations » sur les régimes de retraites, les services publics et la protection sociale sont à l’oeuvre. Ignorer que les directives libérales dictent les orientations nationales en matière de politiques agricole, industrielle, financière et sociale est soit d’une grande naïveté, soit d’une grande duplicité, soit d’une grande cécité.

En France, notre manager élyséen a décidé de faire inscrire dans la Constitution – rien que ça – l’interdiction des déficits publics. Deviendraient ainsi hors la loi, toutes les actions (y compris syndicales) et revendications contraires à la « règle d’or » du zéro déficit public. Un esprit optimiste, faisant confiance aux élus du peuple françois, se rassurera en se disant que l’assemblée nationale ne votera jamais une telle énormité inscrivant dans le marbre la rigueur et l’austérité à vie. Raté ! Le 10 mai dernier l’assemblée a voté à la majorité, en première lecture, ce magnifique projet. Et le sénat va en débattre dans les jours à venir. Si tout va bien pour le gouvernement (or l’UMP tient bon le cap parlementaire) les deux chambres pourraient se réunir en juillet, au château de Versailles. Si une majorité des deux tiers est réunie, notre constitution sera changée. Ce scénario catastrophe, fatal aux services publics, à la fonction publique, à l’ensemble de la protection sociale à la française, est la clé de voûte de la destruction recherchée des restes du programme du conseil national de la résistance et de toute sa philosophie politique solidaire.

Si, comme en d’autres circonstances, quelques voix dites de gauche viennent se mêler aux voix de droite, nous pouvons fort bien nous retrouver à l’automne dans une France corsetée, inscrivant les logiques capitalistes dans sa constitution. Quand on sait que des arguments de gauche se limitent à dénoncer la méthode « injuste et inefficace » du gouvernement, on peut avoir peur, un peu, de la qualité de l’opposition… Donc d’une part des votes hostiles au projet gouvernemental.

Comprenons bien qu’il y a un lien direct entre les « déficits publics zéro » et la privatisation de l’hôpital, les destructions d’emploi public, la baisse des minima sociaux, la stagnation ou la réduction des salaires et retraites (dans la fonctions publique en premier lieu car la purge symbolique est à réaliser là).

Pour l’heure, pas de campagne d’opinion, silence médiatique… Pourquoi ? La bombe est trop grosse ? Si elle explose cet été nous aurons intérêt à ne pas sagement attendre le printemps 2012 pour changer notre avenir.

Didier Hude

 

Publié le lundi 27 juin 2011  par FSU 44
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