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Discours de la FSU Loire-Atlantique
DISCOURS DE LA SFR-FSU :
MOBILISATION DES RETRAITÉS ET RETRAITÉES DU JEUDI 28 SEPTEMBRE 2017
Marie-France LE MAREC



Hausse de la CSG, stagnation des pensions, hausse des dépenses de santé et maison de retraite...

Derrière ces mesures, il y a une cohérence : celle de la remise en cause de notre système de protection sociale, celle de la remise en cause les finalités de la Sécurité sociale.

Qu’est ce que la sécurité sociale ? D’où vient elle ? Qui la finance ? Qui en profite ?

L’idée forte du Conseil National de la Résistance formulée dans son programme en 1944 vise, je cite, un « plan complet de sécurité sociale visant à assurer, à tous les citoyens, des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ».

C’est une protection contre les aléas de la vie.

La sécurité sociale c’est pour tous. C’est une protection pour tous ceux qui sont empêchés de travailler par la maladie, l’invalidé, les accidents ou qui sont trop âgés... ceux qui ont besoin de ressources pour loger leur famille, pour élever leurs enfants, se soigner...

C’est un système solidaire financé par des cotisations sociales (de l’employeur et des salariés) et géré par les partenaires sociaux. On cotise selon ses moyens (ses revenus salariaux) et on reçoit selon ses besoins.

Ce système est aujourd’hui mis en cause, il serait trop coûteux pour les patrons.
Et pour leur donner satisfaction, pour rendre dit-on les entreprises plus compétitives, les gouvernements veulent réduire ce qu’ils appellent les « charges » de l’entreprise en baissant l’impôt sur les sociétés (ce qui diminue les recettes de l’Etat et la possibilité de financer les services publics), mais aussi en baissant la part des cotisations de sécurité sociale payées par les employeurs : les fameuses « charges sociales » !

Moins de cotisations, c’est moins d’argent dans les caisses de la sécurité sociale, c’est moins de protection sociale, c’est moins de prise en charge des frais de santé, des pensions de retraite, c’est moins de solidarité, et ce sont les plus fragilisés par la vie, le chômage ou la maladie qui vont en supporter les conséquences.

Le gouvernement Macron fait plus fort encore, il prétend augmenter les salaires parce qu’il baisse les cotisations salariales (c’est à dire cette part du salaire brut qui va dans les caisses de la sécurité sociale pour financer la protection sociale).

Evidemment les caisses de sécurité sociale atteintes par la baisse des recettes des cotisations patronales, puis des cotisations salariales devront inévitablement revoir à la baisse les prestations redistribuées (remboursement des frais de santé, retraite, pensions, allocations diverses...).

Mais cette augmentation apparente de salaire net (issue de la baisse des cotisations), ce serait quand même idiot de la laisser intégralement aux salariés (qu’en feraient-ils ?). Alors on ponctionne sur les salaires et pensions supérieures à 1200 euros 1,7 % de CSG supplémentaire pour combler le trou des cadeaux fiscaux de l’État aux entreprises. Voilà le tour de passe passe de Macron !

Ne soyons pas dupes ! Toutes les baisses de cotisations sociales (patronales ou salariales) mettent en danger le financement de la protection sociale, ce sont des vols dans la poche des salariés et des retraités, redoublés par l’augmentation de la CSG. Mais alors comment feront les citoyens pour se protéger des risques sociaux ? Et bien, c’est simple pour le gouvernement et pour le patronat : les mutuelles et les assurances privées !
Les mutuelles ou assurances privées doivent prendre en charge ce que la sécurité sociale ne peut plus rembourser.

Mais la mutuelle, il faut la payer !
Le coût d’une mutuelle pèse lourdement sur les salariés et très lourdement sur les retraités (car le coût augmente avec l’âge facteur de risques, de maladie, ...).

Et là la logique s‘inverse. C’est à chacun selon ses moyens ! Vous avez l’argent ? Vous serez bien protégés ! Vous n’en avez pas ? Il faudra renoncer à des soins ! Finie la solidarité !

La logique de solidarité, de mutualisation des risques est remplacée par une logique d’offre de mutuelles ou d’assurances privées individuelles pour consommateurs de produits de santé, selon qu’ils soient solvables ou non !

  • Alors non ce n’est pas aux salariés, non ce n’est pas aux 9 millions de retraités de payer les cadeaux fiscaux au patronat par l’augmentation de la CSG ! [1]
  • Alors oui, il faut se rappeler que la Sécurité sociale est notre bien commun, que les cotisations sont partie intégrante de notre salaire (même s’il s’agit d’un salaire différé) et non ce ne sont pas des charges... Il faut l’expliquer à nos enfants, nos petits enfants qui risquent d’être privés de cette solidarité dans l’avenir.
  • Alors oui, nous voulons une sécurité sociale qui rembourse 100% des dépenses de santé pour toutes et tous ! Nous voulons des centres de santé publics qui mettent fin aux déserts médicaux !
  • Alors oui, il faut que tous ensemble (jeunes, actifs, retraités), nous défendons la protection sociale de toutes et de tous, la solidarité entre toutes et tous, l’accès aux soins pour toutes et tous !

Marie-France LE MAREC

 

[1] Avec une pension moyenne de 1376 euros bruts mensuels en 2015, les retraités ne roulent pas sur l’or.


Publié le dimanche 1er octobre 2017  par FSU 44
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Dernière mise à jour : mercredi 17 juillet 2019 | Statistiques des visites : 630 aujourd'hui - 986 hier - 1128349 depuis le début