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CET ANI QUI NOUS VEUT DU MAL



Le 11 janvier dernier, l’Accord National Interprofessionnel de sécurisation de l’emploi (ANI) a été signé entre le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC pour donner plus flexibilité au Code du Travail. L’UNSA l’aurait signé mais elle n’a pas rang de confédération et n’ pas été invitée à le faire. En encourageant cet accord, le gouvernement a ainsi fait le choix de profiter des dernières semaines d’application des dispositions transitoires de la « rénovation de la démocratie sociale » portée par Nicolas Sarkozy pour proposer au parlement la transcription de l’Accord national interprofessionnel.

L’ANI prévoit une série de mesures qui reviennent sur les dispositions du code du Travail : baisse conjoncturelle des salaires, mobilité contrainte au sein de l’entreprise, prêt de salariés à d’autres employeurs relevant d’une même convention, en échange de mesures pour les précaires en matière de droits rechargeables et de cotisation à des complémentaires… Au prétexte de vouloir « sauver l’emploi », le gouvernement envoie un très mauvais signal en matière de démocratie sociale. Il veut désormais inscrire cet accord dans la constitution !

Le gouvernement a effet décidé d’une réforme constitutionnelle portant notamment sur cette question. Ce serait un recul pour toute la société. La FSU est opposée à toute institutionnalisation du dialogue social qui aboutirait à entériner des accords défavorables aux salariés ou à détricoter les avancées que pourraient gagner les organisations syndicales. En tout état de cause, une telle réforme constitutionnelle demande a minima un débat public dans lequel les organisations syndicales puissent défendre leurs points de vue.

L’ANI est un accord gagnant pour le patronat, perdant pour les salariés. Y’a pas longtemps, sous Disneyland, on nous disait travaillez plus pour gagner plus. L’ANI c’est gagner moins sans se faire virer… ou être viré ! En temps de crise on peut tout faire pour faire plaisir aux actionnaires. Des syndicats sont satisfaits de cet accord. En période d’austérité, ce syndicalisme ami-ami avec un gouvernement, c’est du pain béni.

L’accord du 11 janvier est entièrement soumis à la doxa du nouveau modèle économique totalitaire mondialisé. Il transcende les politiques de gauche en politiques de droite. Après 10 mois de gouvernance d’alternance, où est le changement ? Les riches sont riches, les pauvres sont pauvres. Les fausses avancées signées par le syndicalisme d’accompagnement le 11 janvier ne sont que trompe-l’oeil qui organise des reculs voulus par le patronat. La braderie du Code du Travail continue. Avec près de 20 millions de chômeurs officiels, la zone euro est engluée dans la baisse doctrinaire du coût du travail et des dépenses publiques. L’austérité mécanique freine l’activité économique, appauvrit les populations, comprime les recettes fiscales. L’avenir des peuples est irradié par la compétition des profits. L’ordre économique aux mains des actionnaires ne fait qu’accoucher de nouveaux tours de vis sur les services publics, la santé, les retraites et les solidarités.

En syndicalisme, c’est comme en sport, on ne fait pas de politique, c’est bien connu ! Quelle ânerie cette fausse autonomie ! Défendre les droits des salariés ou les brader par proximité politicienne ou partage de valeurs patronales ce n’est pas « politique », ça ? En syndicalisme, pour ne pas être dupe, il faut être capable d’analyser LE politique. Exemple : François Hollande évoque le rapprochement de l’Europe et de la France avec l’économie américaine. Ne pas entrevoir que derrière ce marché rapproché cela expose directement nos droits sociaux, serait une preuve de grande naïveté ou de complicité. Idem quand les technocrates multicartes qui sévissent à Bruxelles et dans nos ministères avouent qu’il faut construire des droits sociaux européens complémentaires à ceux des pays. Dans un premier temps, les salariés auront à choisir de cotiser ou non au droit européen qui deviendra un jour le seul en activité au grand bénéfice des fonds de pensions et des marchés spéculatifs.

La crise actuelle sert à avancer ces nouvelles étapes pour imposer la construction d’un modèle économique mondial doctrinaire, destructeur pour la planète et l’humanité. Les signataires du 11 janvier ne sont ni des imbéciles, ni des innocents ne voyant qu’à court terme. Ils font dans LE politique. Ils agissent directement sur le débat de société. La classe ouvrière, les salariés, sont malheureusement très et trop divisés. Derrière nos divisions, c’est un débat politique au sens large qui se joue car c’est tout notre projet de société. Manifestement il nous faut gagner les combats d’opinion si nous voulons faire comprendre à ce gouvernement qu’il n’a pas été élu pour mener une politique économique identique à celle de son prédécesseur. Si demain, le gouvernement va là où Sarkozy n’a pas osé aller, il nous faudra dans l’unité la plus large, entre syndicats indépendants, lui rappeler et lui imposer les fondamentaux qu’il trahit.

Tract intersyndical CGT, FO, FSU, SEN, Solidaires.

 

Publié le dimanche 31 mars 2013  par FSU 44
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