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STAGE ÉDUCATION PRIORITAIRE AVEC JEAN-YVES ROCHEX
Résumé réalisé par Sylvain MARANGE



La mise en œuvre du programme ECLAIR, expérimenté en septembre 2010 puis, sans bilan ni concertation, étendu aux écoles et collèges RAR en septembre 2011 pose une multitude de questions sur l’avenir de l’éducation prioritaire. Elle interroge aussi l’ensemble du service public d’éducation si l’on considère que l’éducation prioritaire est souvent conçue comme l’espace où se testent les innovations qui ont vocation à être généralisées.

Pour comprendre les inflexions de la politique d’éducation prioritaire au cours des 30 dernières années et pour en analyser les caractères actuels, les personnels du collège la Durantière de Nantes et la FSU régionale ont invité Jean-Yves Rochex, professeur de sciences de l’éducation à l’université Paris VIII, pour animer un stage de formation syndicale. Lors de son premier exposé, J.-Y. Rochex a mis en évidence trois âges ou trois modèles de l’éducation prioritaire.

Le premier âge des ZEP

Dans les années 1970-1980, les premières politiques d’éducation prioritaire signent l’achèvement du modèle de l’école unique. La problématique est alors de type compensatoire car l’égalité d’accès à l’école ne suffit pas. Ces politiques ciblent alors des territoires. Le niveau de l’établissement ou de réseaux d’établissements est considéré comme l’échelon le plus efficace. Aux acteurs locaux d’inventer et de mettre en œuvre des projets.

Le label ZEP était positivement connoté à cette époque. Dès les décennies suivantes, s’organisent des critiques apparemment convergentes mais résultant de points de vue contradictoires. À une critique « de gauche » qui lui reproche de ne pas avoir tenu les promesses de démocratisation et projette de rompre avec l’égalité de traitement pour s’engager dans la différenciation, répond une critique « conservatrice » qui lui reproche son manque d’efficacité et de performance face au chômage et aux exigences de compétitivité économique.

Le deuxième âge

La crise de légitimité du modèle ancien va favoriser l’avènement de nouveaux modes de régulation, censés répondre aux exigences de la période : performance, qualité et compétitivité.

Cette évolution du modèle de l’État éducateur et prescripeur à celui de l’État évaluateur a posteriori, s’est accompagnée de l’affirmation croissante des rhétoriques et des problématiques d’efficacité et d’équité. Ce qui s’est traduit en France avec la loi d’orientation de 2005 et les dispositions églementaires qui ont suivi, relatives au socle commun de connaissances et de compétences.

La fin des années 80 et les années 90 ont dès lors vu l’obectif de lutte contre les inégalités et la perspective compensatoire initiaux s’effacer derrière la problématique de l’inclusion ou de lutte contre l’exclusion sociale et l’objectif de garantie du minimum de biens éducatifs jugé nécessaire à ’intégration dans une société dont le caractère inégalitaire devrait désormais être considéré comme hors d’atteinte de ’action politique.

Le troisième âge des ZEP

Prévenir l’exclusion nécessite d’identifier les élèves les plus exposés, ceux qu’on désigne comme « à besoins éducaifs spécifiques ». La référence aux territoires s’efface au proit d’une référence aux individus. S’affirme non plus les problématiques de la compensation et de la lutte contre l’exclusion, mais celle de la maximisation des chances de réussite de chaque individu.

Il ne s’agit plus d’améliorer les conditions de la réussite scolaire pour tous, mais de détecter et promouvoir vers « ’excellence » une petite minorité d’élèves de ZEP en les solant de leurs familles, de leurs quartiers et établissements d’origine. Les mesures et objectifs concernant les autres élèves se recentrent sur l’objectif du socle commun de connaissances et de compétences et sur les mesures à vocation sécuitaire qui fondent le programme CLAIR, dont le Ministre nous dit qu’il est appelé à devenir « le cœur » de la politique d’égalité des chances et à se substituer aux dispositifs exisants, en particulier à la politique ZEP.

Excellence pour les uns, socle minimum et mesures sécuitaires pour les autres semblent bien venir consacrer le renoncement à une politique ambitieuse pour tous.

Résumé réalisé par Sylvain MARANGE

 

Publié le samedi 7 janvier 2012  par FSU 44
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