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Comité Départemental de l’Éducation National
CDEN DU 10/12/2015 : DÉCLARATION DE LA FSU 44



Mesdames, Messieurs,

Depuis quelques mois, nous entendons répété telle une invocation le mot « laïcité », avec une intensification ces derniers temps, sous une forme martiale à Matignon, sous la forme de sermons à l’Élysée. Devrons-nous le dire 5 fois par jour à heures régulières pour faire face aux périls qui menacent nos institutions ?

A défaut d’incarner, on invoque.

La laïcité pose un principe d’organisation de la cité : les intérêts et conceptions particulières ne doivent pas prendre le pas sur l’intérêt général, impliquant que les croyances ou les non croyances relèvent du domaine privé, le bien commun des institutions publiques.

Or depuis les années 80, c’est la religion du profit qui a soumis progressivement à sa seule logique le bien commun. Car il s’agit bien d’une religion avec son prophète (Adam Smith), ses apôtres (Hayek, Friedman,...), ses cardinaux (PDG de multinationales, de grandes banques), toute une hiérarchie ecclésiastique qui diffuse la bonne parole libérale dans des médias achetés, ses temples (la bourse), ses tables de lois (celles du marché, avec la croyance que la mise en concurrence mène vers le nirvana), etc.

Comment la parole politique peut-elle être entendue alors que le gouvernement se soumet au culte de l’argent et à la finance ? Comment peut-elle être crédible alors que la 11 janvier dernier, Hollande défilait avec des dictateurs pour soutenir la liberté d’expression ? Alors qu’il prolonge l’état d’urgence sans indiquer sa fin ? Alors qu’il invoque un état de guerre pour l’instaurer ? On ne peut faire la guerre qu’à des États. Or Daesh n’est pas un État, c’est un système mafieux qui pratique le meurtre de masse. Et qui instrumentalise l’Islam pour asseoir sa domination et se constituer un capital. Comment parler de sécurité alors qu’on organise l’insécurité sociale.

Plus elle se soumet à la finance, plus la parole politique perd de son crédit. Le dogme libéral est décliné à tous les niveaux. Dans l’Éducation nationale, cela se traduit par la mise en concurrence des disciplines et des projets pour les moyens horaires ; une autonomie des établissements des établissements qui signifie « débrouillez-vous avec ce qu’on donne, c’est voté par le parlement » ; des effectifs par classe trop pléthoriques pour permettre la mise en œuvre du principe « l’élève au cœur du système » ; une formation-formatage des enseignants pour la réforme des collèges ; une visée d’employabilité plutôt que de citoyenneté avec la logique d’évaluation par compétences ; des rythmes scolaires appliqués inégalement sur le territoire et permettant l’entrisme de Maires plus croyants que citoyens, etc.

Toutes les volontés ne sont pas tournées vers cet horizon dans notre département : pour preuve le programme de construction de collèges publics qui a permis de faire progresser l’inscription dans l’enseignement public, gratuit et laïc ; pour preuve une répartition des moyens horaires (certes insuffisants) selon un principe d’égalité de traitement des élèves. En revanche le programme de construction de lycées publics n’a pas été assez anticipée.

Demeure l’orientation générale donné par le gouvernement soi-disant sociale, sûrement libérale. Comment comprendre la proposition de M. Macron de supprimer les conditions de diplôme pour certaines professions : économies dans la formation, baisse des revenus du fait d’une concurrence accrue ? La propagation du dogme libéral remet en cause les structures sociales, les liens sociaux, produit de la disqualification sociale, ce qui ne manque pas d’alimenter le vote d’extrême droite ou l’abstention.

C’est en faisant vivre nos institutions qu’elles prennent sens.

Pour terminer une question : est-il possible pour un chef d’établissement de ne pas payer des heures d’enseignement pendant l’année scolaire 2015-2016 en arguant que les versements effectués en juillet-août 2015 dans le cadre de la liquidation des excès d’heures supplémentaires effectuées anticipaient cette rémunération ? Existe-t-il un concept de comptabilité publique relatif à la DGH glissante ? Les collègues du Lycée Guy Moquet attendent une réponse à leur courrier.

 

Publié le jeudi 17 décembre 2015  par FSU 44
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