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RECETTE DE RETRAITE MODE MACRON : LE PIÈGE DES COMPTES NOTIONNELS



Le nouveau président veut unifier tous les régimes, les simplifier, les « libérer » pour les rendre justes, sur un modèle testé en Suède, en Pologne et en Italie. Ils seront ainsi plus « agiles ». Cette réforme, adoptée ou imposée en début de quinquennat, devrait être effective à son terme.

Aujourd’hui le principe des retraites est à prestations définies

Les pensions dépendent principalement des salaires (dans la limite du plafond de la Sécurité Sociale) et de la durée de cotisations.

Mais les régimes complémentaires obligatoires des salariés cadres et non-cadres (AGIRC et ARRCO) sont par points, dont la valeur fluctue au gré des aléas. Ces régimes sont à cotisations définies.

Le projet Macron veut généraliser le régime à cotisations définies

Chaque cotisant va avoir un compte dit notionnel. Ce n’est pas un fonds de pension. Les cotisations sont enregistrées. Le montant de pension sera proportionnel au capital accumulé.

Le pivot du système Macron repose sur les tables européennes – régulièrement ajustées - qui appliquent au capital virtuel un coefficient actualisé en fonction de l’âge de départ à la retraite et de l’espérance de vie à cet âge à l’instant T. C’est le principe actuel du COREM.

Ce « choix » de l’âge pour le départ en retraite introduit une notion dite de neutralité actuarielle. Elle se veut neutre, non pénalisante pour les carrières courtes, puisqu’elle supprime décotes et surcotes.

Un changement complet de philosophie sociale et politique

Le système voulu, où « un euro de cotisation » donne le même droit à tous, est basé sur l’espérance de vie d’une génération, oubliant les différences de pénibilité au travail, les classes sociales, les effets sur les femmes victimes de discriminations.

L’âge, discriminant majeur, fait du départ à la retraite une question de choix individuel. De fait l’individualisation est extrême. La notion de salaire socialisé est alors effacée.

Le système français est basé sur le rapport travail/capital. Le système par points relève d’une autre logique. Il ne s’inscrit pas dans le principe de répartition des richesses produites entre actifs et retraités. La retraite devient une forme d’épargne individuelle. La mécanique des tables de longévité se substitue à la réflexion sur les choix des modes de répartition intégrant les évolutions démographiques et les évolutions des modes de production. La logique est évidente : si l’espérance de vie progresse pour équilibrer le système on n’a plus le choix qu’entre diminuer les pensions ou reculer l’âge du départ en retraite. Ce système n’est jamais déficitaire, mais désastreux pour les futures pensions.

 

Publié le vendredi 4 août 2017  par FSU 44
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Dernière mise à jour : mercredi 8 novembre 2017 | Statistiques des visites : 783 aujourd'hui - 1210 hier - 530038 depuis le début