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LA HAUSSE DE LA CSG : LES NOURRIS ET LES LÉSÉS



Une augmentation sous couvert d’universalisation de l’assurance chômage à tou-tes, mais une baisse des indemnisations

Derrière l’annonce d’une « assurance chômage universelle » financée par la hausse de la CSG, l’intention est surtout d’alléger les cotisations patronales et de remplacer l’ambitieux système de protection sociale hérité du CNR qui devait garantir un bien-être social pour tou-tes par un filet de sécurité minimal. Emmanuel Macron entend remplacer les cotisations salariales chômage (2,4% du salaire brut) par une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,75%. Cela signifie en d’autres mots transformer une assurance sociale contributive dans laquelle chaque travailleur cotise pour ouvrir des droits, financée par cotisation et gérée par les partenaires sociaux, en un dispositif dit universel couvrant toute la population, financé par l’impôt, et donc contrôlé par l’État. Cette décision d’étatisation annoncerait ainsi la mise à l’écart des syndicats, qui ne seraient plus consultés pour déterminer le montant et la durée des indemnisations. L’invocation d’une redistribution plus « universelle » cache la maigreur de ce qui sera reversé. Cela va à l’encontre de la mission première des prestations sociales : la satisfaction d’une série de besoins et le maintien du niveau de vie pour tou-tes.

Une seule intention derrière le mirage d’une augmentation du niveau de vie : alléger la participation patronale

La CSG deviendrait l’arme de la fiscalisation de l’assurance chômage, dans la droite ligne de ce qui avait primé à sa création par Michel Rocard en 1991 : un impôt qui ne « pèse » plus uniquement sur les salaires, et qui va donc dans le sens de la « libération du travail ». Deuxième impôt de France derrière la TVA, la CSG rapporte aujourd’hui autour de 90 milliards d’euros par an, soit davantage que l’impôt sur le revenu. Elle constitue 20% des recettes de la Sécu, tandis que la part des cotisations sociales est passée sous les 58%. Le but d’Emmanuel Macron est de continuer de réduire cette part – et le contrôle par les partenaires sociaux qui va avec – en étendant la CSG à la branche chômage de la Sécu. Or si on augmente la CSG d’un euro, l’effort repose à 75% sur les salaires, 15% sur le chômage et les retraites et seulement 10% sur le capital. Le mirage est là, et la vraie intention politique est à lire comme cela : la transformation des cotisations en CSG sert surtout à transférer une part importante des cotisations employeurs en un impôt payé pour l’essentiel par les salariés. Autrement dit, sous prétexte de « moins taxer le travail », la CSG organise l’allégement des "charges" patronales, et donc du coût du travail pour favoriser la compétitivité des entreprises. Plus question ici d’un partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits.

Les retraités, premiers, et injustement, impactés

Les 1,75 points de CSG supplémentaires qui remplaceraient les cotisations vont en apparence faire gagner 1,4 % de salaire de plus (sans que cela coûte aux entreprises), tandis que, les chômeurs (sauf les allocataires les plus pauvres dispensés de CSG) et 60 % des retraités perdraient 1,75% de pouvoir d’achat. Leur contribution est une compensation pour partie de la perte de recette induite par la suppression de la part payée par les salariés pour la cotisation maladie. Cela va diminuer d’autant leur pension, et cela crée une mise en opposition dommageable des salariés et de ceux qui ne le sont plus mais qui ont cotisé leur vie active durant.

 

Publié le vendredi 4 août 2017  par FSU 44
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