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LA MACRON-ÉCONOMIQUE : VERS PLUS DE MICRO-ÉCONOMIE



Les élections législatives viennent de donner une majorité sans précédent à Emmanuel Macron. Les visages sont renouvelés, plus jeunes, plus féminins ; des figures disparaissent. Pour autant s’agit-il d’un changement profond ?

Sur le plan économique rien n’est moins sûr : le style sera différent, pas le fond. Car si « Le chemin se construit en marchant », il semble que le président ait plutôt fait sienne la formule de Sénèque selon laquelle « il n’est point de bon vent pour qui ne connaît son port ». Et les vents sont favorables !

L’orientation politique du pouvoir législatif rejoint désormais celle du pouvoir exécutif : les deux pouvoirs ont le même port d’attache : la concurrence pour faire émerger le meilleur produit et allouer au mieux les ressources et la libre entreprise versus le droit du (et au) travail. La croyance en des temps meilleurs grâce à la compétition est renforcée par l’entre-soi social.

La majorité présidentielle est désormais constituée de députés pour une très grande partie cadres du privé, professions libérales et chefs d’entreprise. Ces catégories sociales pèsent moins de 15% de la population active occupée. Les élus d’En Marche sont donc moins représentatifs de la société civile que jamais ! Et les catégories populaires sont encore moins présentes à l’Assemblée dans cette législature alors qu’elles pèsent plus de 50 % des actifs. On peut d’ailleurs repérer dans la très forte abstention (plus de la moitié des inscrits) les signes de la relégation sociale : 30 % des électeurs inscrits (essentiellement des catégories populaires) se considèrent ainsi incapables de peser par leur vote, voire non légitimes à exprimer une opinion. La disqualification sociale (nourrie par la précarité et un contrôle accru des demandeurs d’emploi) débouche sur une disqualification politique. La fracture sociale se traduit en fracture politique, entre ceux qui se sentent légitimes (par héritage culturel ou certification scolaire) à tracer leur voie et à porter leur voix et ceux qui se sentent relégués socialement, les laissent passer et finalement se taisent.

Place désormais à la régulation par le marché, avec la suppression de ce qui y fait obstacle : code du travail,

conventions de branche, droits sociaux, qui renchérissent le facteur de production travail et pénalisent les entreprises françaises dans la compétition mondiale ! Il faut ajouter les promesses d’un nouvel El dorado, celui de l’économie collaborative qui appuie son développement sur le pair à pair plutôt que sur des cadres négociés collectivement. La concurrence plutôt que la coopération. Une concurrence source de toute richesse selon la théorie du ruissellement : imaginons une pyramide de coupes de champagne ; en commençant par celle qui se trouve au sommet, on espère ainsi que l’excès de vin va se déverser dans les coupes qui se trouvent en dessous ; encore faut-il sabrer assez de champagne (ou injecter assez de liquidités dans le système économique) pour espérer remplir les coupes formant la base ! A ce jour, la théorie du ruissellement des richesses n’a été vérifiée nulle part. Les gagnants gagnent et s’enrichissent, les perdants perdent et s’appauvrissent, les inégalités s’accroissent.

Outre le chantier de dérégulation du marché du travail qui conduit à favoriser la contractualisation au plus petit niveau, il existe plusieurs annonces « furtives » :

  • des coupes dans les dépenses publiques (santé, allocations chômage, territoires et postes de fonctionnaires) qui seront sabrées à hauteur de 60 milliards par an ;
  • une hausse de la CSG de 1,5 points ;
  • une limitation de la progressivité de l’impôt sur le revenu (encore !) ;
  • et bien sûr l’assouplissement des 35 heures (encore !), seule mesure pourtant à avoir permis de réduire massivement le chômage au début du millénaire ;
  • etc.

Bref, le programme politique d’EM sera libéral ou ne sera pas ! Libéral au sens économique ! Sur le plan politique sans doute moins libéral au regard de la mécanique des ordonnances annoncées pour l’été, le contrôle renforcé des demandeurs d’emploi ou encore la pérennisation de l’état d’urgence.

 

Publié le vendredi 4 août 2017  par FSU 44
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Dernière mise à jour : mercredi 8 novembre 2017 | Statistiques des visites : 0 aujourd'hui - 1124 hier - 531162 depuis le début